Google Complications de la chirurgie du ligament croisé antérieur
Chaque page de ce site est écrite par le Dr. J.E. Perraudin : date de mise à jour : 6 nov 2016

Infos sur la Chirurgie du genou : Site du docteur J.E. Perraudin

Mots-clés : ligament croisé antérieur, ligament genou, entorse, diagnostic rupture ligament croisé, conséquences, opérer ?, opération, ligamentoplastie, greffe, didt, deux faisceaux, lemaire associé, ambulatoire, rééducation

 

plan du site du dr perraudin

plan du site

pour contacter le dr perraudin, Paris

Le Ligament croisé antérieur

Ligamentoplastie : Les complications post-opératoires

Anatomie du ligament croisé antérieur.

Rôle du ligament croisé antérieur

Mécanisme de rupture : l'entorse.

Conduite à tenir devant une entorse de genou .

Diagnostic de la rupture du ligament croisé antérieur

Conséquences de la rupture du ligament croisé antérieur

Faut-il se faire opérer?

Préparer son intervention

Principe de la ligamentoplastie

Les différentes greffes

Les deux faisceaux du LCA

Technique chirurgicale détaillée

L'intervention en un seul jour : en Ambulatoire

La rééducation post-opératoire

Planning post-opératoire

Complications de la chirurgie du LCA

 

 

 

 

 

 

 

 

La reconstruction du ligament croisé antérieur du genou est une chirurgie fonctionnelle et non vitale.
L’alternative à la chirurgie est de renoncer aux sports avec pivot et contact (foot, hand, etc.) et de faire de la rééducation pour retrouver un genou stable.
L’instabilité répétée entraine des lésions méniscales et des lésions cartilagineuses; ces lésions méniscales peuvent nécessiter une méniscectomie (la partie lésée du ménisque est enlevée); cette méniscectomie augmente l’usure du cartilage. L’instabilité entraine donc une usure du genou qui conduit à l’arthrose. L’intervention consiste à stabiliser le genou en conservant au mieux les ménisques (suture éventuelle).
La décision d'une intervention appartient essentiellement au patient, guidé par l'information qui lui est donnée sur les résultats et les risques de l'opération. Malgré les progrès actuels de la chirurgie, et en particulier de la chirurgie du genou, le risque de complications existe. Toute opération, si bénigne soit-elle et quelles que soient les précautions prises, implique un risque qui va de la complication minime à la complication majeure, y compris le décès.
Je comprends que l’énumération et la description de ces complications puissent être désagréables mais en dehors du côté médico-légal, cela permet de vous prévenir+++ des risques, ce qui est un outil de prévention supplémentaire. Cette énumération ne doit pas faire oublier leur rareté et leur bénignité habituelle dans ce type de chirurgie.

Les complications pendant l'opération


Elles sont exceptionnelles : c'est le cas d'une blessure d'une artère importante du membre inférieur (artère poplitée), ou d'un nerf (en particulier le nerf sciatique poplité externe).

Les complications à la suite de l'intervention

Complications fréquentes

La perte de sensibilité cutanée

sur une zone de la jambe est en rapport avec la section de rameaux nerveux lors de l’incision : c’est une complication très fréquente et sans gravité.

La douleur post-opératoire

reste habituellement tout à fait tolérable. L'amélioration des techniques chirurgicales (utilisation de l'arthroscopie, absence d'immobilisation post-opératoire, reprise précoce de la marche avec appui ...) a rendu en effet cette intervention peu agressive. Vos douleurs seront prises en charge après l’opération dès la salle de réveil. L'existence de douleurs importantes doit faire rechercher la survenue éventuelle d'une complication, en particulier d'un hématome.

Le saignement post-opératoire :

  • Toute intervention entraine un saignement, que favorise aussi le traitement anticoagulant pour la prévention et le traitement d’une phlébite.

Hématome lié au prélèvement de la greffe

  • L’hématome au niveau du prélèvement de la greffe (derrière la cuisse) est quasi-systématique.
  • Vous le ressentirez d’ailleurs en position assise si la chaise appuie à son niveau
  • Il se traduit habituellement par l'apparition de «bleus» sur la peau derrière la cuisse et le genou qui descend ensuite sous la peau jusqu’à la cheville.
  • Ces bleus peuvent être douloureux vers le 4-5° jour post-opératoire, rendant difficiles les exercices de rééducation.
  • Il faut donc traiter la douleur avec les médicaments prescrits et continuer les exercices; et me téléphoner si difficultés, bien sûr!
  • Ces taches disparaissent spontanément plus ou moins complètement en quelques semaines.

L’hémarthrose (épanchement de sang dans l’articulation)

  • est habituellement modérée et peu douloureuse.
  • Ce gonflement, banal le plus souvent, peut être plus important et douloureux car sous tension;
  • pour soulager la douleur et permettre la rééducation, cette hémarthrose peut nécessiter alors
    un lavage du genou au bloc opératoire sous anesthésie.

La raideur post-opératoire

peut être fréquente mais n’est pas un problème si vous me tenez au courant au fur et à mesure.

Elle se traduit par une stagnation de la flexion alors qu’elle devrait s’améliorer progressivement;

une flexion de 90° doit être obtenue après une semaine en laissant plier son genou comme expliqué (il est important de comprendre que la flexion au début du post-opératoire, se «travaille» par un «lâcher prise», « je laisse mon genou se plier en le tirant vers moi, en laissant glisser mon talon sur le drap»).

L’objectif à deux mois est une flexion du genou autour de 130°.

Il est évident qu’une flexion qui ne progresse pas depuis une semaine est un motif pour me téléphoner +++ (quelqu’en soient les causes a priori). Cette absence de progression peut entrainer la formation d’adhérences qui vont cette fois limiter la flexion et rendre le travail de la flexion douloureuse.

Une mobilisation du genou sous anesthésie générale est un geste très court (qq minutes) qui permet de rompre les adhérences qui peuvent se former si la flexion ne progresse plus après un certain temps. Ce geste, réalisé entre 6 et 10 semaines post-opératoires, si la flexion ne dépasse pas les 115° environ, permet de reprendre la rééducation sans douleur et de récupérer une flexion de 130° en général.

Il ne faut donc pas attendre et me joindre au téléphone si vous avez un doute sur votre flexion avec ou sans douleur. Un genou qui n’est pas douloureux mais qui ne plie pas n’est pas un genou qui va bien+++.

Complications rares mais potentiellement plus graves


L'infection.

L'infection constitue le risque de toute opération. Au niveau du genou, c'est un complication rare, mais grave. La surveillance au cours des premières semaines qui suivent l'intervention permet de la dépister devant la survenue de douleurs, de fièvre, d'un gonflement du genou, d'un écoulement au niveau de la cicatrice. Il importe d'identifier le microbe responsable avant de mettre en route un traitement antibiotique adapté (six semaines ou plus). Une ou plusieurs interventions pour effectuer un lavage soigneux de toute l'articulation sont le plus souvent nécessaires. C'est à ce prix que l'on obtient habituellement la guérison de cette infection.
---> Si une infection du genou est confirmée, elle sera traitée dans un premier temps par votre chirurgien qui se mettra en rapport avec des collègues spécialisés dans la gestion des infections. Si l’évolution n’est pas rapidement satisfaisante, votre chirurgien vous fera prendre en charge dans un service spécialisé (équipe du Professeur Hannouche à l’hôpital Lariboisière).


La phlébite:

c'est la formation d'un caillot dans une veine, qui peut parfois se produire en dépit d'un traitement anticoagulant préventif. Cette complication entraîne elle-même un risque de survenue d'une complication qui peut être grave : l'embolie pulmonaire.
L'algo-dystrophie se caractérise par une raideur précoce, accompagnée de douleurs et d'oedème. Les causes de cette complication sont inconnues. On a seulement observé qu'elle survenait plus souvent chez des personnes inquiètes, mal informées, opérées en urgence mais elle peut survenir quelle que soit l’intervention et même sans intervention après un traumatisme. L'évolution vers la guérison est souvent longue (plusieurs mois ou même un an). Ce syndrome algo-dystrophique peut parfois laisser des séquelles à type de raideur ou de douleurs. Il est en général pris en charge par un médecin spécialisé dans le traitement de la douleur.
Enfin ces complications peuvent s’associer.

Risques particuliers à l’âge :

Le risque de ne pas retrouver sa flexion complète est de plus en plus fréquent si l’âge augmente : il est notable que vers 50 ans et plus il existe souvent une limitation de la flexion vers 120- 130 ° après l’opération, ce qui n’entraine pas de conséquences importantes mais mieux vaut en être conscient lors de sa prise de décision.

Les séquelles possibles

Les douleurs.

En dehors même de toute algo-dystrophie ou autre complication, une intervention du genou peut laisser des douleurs résiduelles dont la cause n'est pas toujours facile à détecter

La raideur

C'est un risque pour toute intervention sur le genou. Elle se traduit par une limitation de la flexion ou/et de l'extension du genou. Elle est le plus souvent due à des adhérences qui se forment à l'intérieur de l'articulation. Elle peut nécessiter une éventuelle mobilisation sous anesthésie ou plus tard une " arthrolyse " (libération des adhérences, intervention qui peut être effectuée sous arthroscopie).

Complications cutanées.

La cicatrice peut rester douloureuse, peut s'accompagner de zones d'anesthésie ou au contraire de zones douloureuses à côté d'elle (névrome).

Résultats de la chirurgie

Un résultat ne peut être garanti à 100% et le risque de résultat incomplet est toujours possible.

Ce résultat insuffisant peut avoir plusieurs raisons :
- échec de l'intervention lorsqu'elle ne réussit pas à atteindre son but : récidive de l'instabilité du genou sans nouvel accident.
- survenue ultérieure d'arthrose : ce risque existe surtout lorsqu'il existait déjà avant l'intervention, une instabilité importante, évoluant depuis longtemps, avec des lésions associées en particulier méniscales,
- survenue de complications, que nous avons décrites, et qui viennent limiter le résultat obtenu.

Telles sont les principales complications des ligamentoplasties.

Leurs conséquences sont rarement graves, et exceptionnellement dramatiques (arthrose, ankylose du genou ou amputation). La plupart guérissent sans séquelles et ne sont responsables que d'inconvénients mineurs et de courte durée.

Cette longue énumération des complications

ne doit pas faire oublier que la réparation chirurgicale du ligament croisé antérieur est une intervention aux suites habituellement remarquablement simples et qui atteint dans la grande majorité des cas son but : récupérer un genou stable qui permette la reprise de toutes les activité sportives.

 

Docteur J.E. Perraudin